Tigranakert

Tigranakert est une ville arménienne en ruines de l’époque hellénistique. Elle occupe une superficie de 50 hectares et se trouve dans la région de Martakert dans la république d’Artsakh, à environ 4 km au sud de la rivière Khatchen.

C’est l’une des anciennes villes du plateau arménien éponyme, nommée en l’honneur du roi Tigrane le Grand (a régné de 95 à 55 avant Jésus-Christ).

D’après les témoignages écrits grecs et romains, Tigrane II le Grand (95-55 avant J.-C.) avait fondé quatre villes portant son nom. L’une d’elles se trouve en Artsakh (Haut-Karabakh). Le nom de Tigranakert est mentionné pour la première fois au 7e siècle par deux historiens arméniens: ils racontent que la ville était située sur les rives de la rivière Khatchen, l’une des importantes rivières d’Artsakh, au croisement des montagnes et des steppes. C’était une route très passante qui reliait l’Arménie à la Géorgie. Le site précis de Tigranakert a été révélé en 2005 et les fouilles ont commencé en 2006: les archéologues ont découvert la citadelle, la place principale de la ville et la basilique. Les sites de construction et les artefacts montrent que Tigranakert était peuplé depuis le 1er siècle avant notre ère jusqu'au 14e siècle après Jésus-Christ. La ville devrait être construite selon un projet bien élaboré et représenter un chef-d’œuvre architectural. En 2010, un musée a été ouvert à proximité du site archéologique qui expose les artefacts des 5 dernières années.

La ville était située dans la région d’Utik de la Grande Arménie. Les archéologues et les historiens réclament que la fondation date des années 120-80, sous le règne du roi Tigrane 1er ou sous son fils et successeur Tigrane le Grand.

Au début du Moyen Age, après la chute du premier Tigranakert, le nom de la ville a été préservé et utilisé selon la tradition géographique locale comme Tngrnakert, Tarnakert, Taraniurt, Tarnagiurt et Tetrakerte.

Aujourd’hui, on peut voir encore le complexe des grottes datant de l’époque paléochrétienne et le canal sculpté dans la roche qui traversait les environs de Tigranakert. Le complexe a été creusé sur la côte rocheuse de la rivière. L’église se compose d’un narthex et d’un cimetière rocheux.

Le chemin menant à ce complexe est creusé dans le rocher et beaucoup de sculptures cruciformes, des inscriptions en arménien et en grec entourent les murs. Un canal d’eau qui a eu aussi une partie de tunnel a été également découvert. Il fournissait probablement de l’eau à la ville de Tigranakert et à ces zones agricoles avoisinantes.

Les résultats des recherches prouvent que la colline d’en bas de la rivière Khatchen était un site culturel et naturel unique qui représentait l’existence ethnique et culturelle arménienne dans les temps modernes.

Les fouilles à Tigranakert ont débuté en mars 2005, la date de sa découverte et ont été dirigées par le Dr Hamlet L. Petrossian de l’institut d’archéologie et d’ethnographie de l’Académie des sciences de l’Arménie. Les archéologues ont découvert deux principaux remparts de la ville ainsi que des tours hellénistiques et une basilique arménienne datant des 5e et 7e siècles. En 2008, l’équipe des fouilles commencent à s’occuper des problèmes financiers bien que les autorités d’Artsakh aient promis de fournir 30 millions drams pour les recherches ultérieures approfondies.

En juin 2010, un musée dédié à l’étude et à la conservation des artefacts provenant des fouilles de Tigranakert a été ouvert sur le territoire attenant de la forteresse de Chahbulag, près de l’ancienne ville d’Aghdam.

Enfin, les fouilles complètes approfondies de Tigranakert et de toutes les collines basses de la rivière Khatchen constituent l’un des principaux problèmes des études arméniennes.